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Questions de thérapie

22 Nov 2022 Constance Latourrette Thèmes de thérapie

Questions de thérapie

Ces questionnements sont souvent abordés en séances, et les réponses que j’apporte ici sont succinctes et bien sûr non exhaustives mais peuvent être déjà un départ pour la réflexion. Répétition de scénarios, refoulement d’événements ou d’émotions, attentes démesurées projetées sur l’autre, estime de soi, liberté, syndrome du sauveur… nous sommes tous concernés de près ou de loin par ces thèmes.

Pourquoi je retombe toujours dans les mêmes schémas, je fais toujours les mêmes choix ?

Au départ, l’être humain est positif. Il s’alourdit des blessures de la vie. Nous sommes toujours attirés inconsciemment par le vécu, qui, même s’il est douloureux ou toxique, est sécurisant... Eh oui ! puisque nous l’avons déjà expérimenté. Et nous recréons la situation initiale qu’il nous faut résoudre. Mais nos blessures, nos choix, s’ils sont éclairés et analysés, sont une occasion de mieux nous comprendre et de ne plus rechercher ce qui nous a fait souffrir, mais de nous remettre en route sur un chemin de vie.

Pourquoi je refoule des éléments de mon histoire au lieu de les accueillir ?

Tout ce que l’on refoule, ce sont des souffrances d’enfant. Ce que l’on a enfoui pour ne pas trop souffrir, pour éviter de revivre des événements, traumatismes, périodes difficiles. Il faut le voir comme une protection de notre psychisme, comme la solution du moindre mal, mais ce qui est refoulé n’est pas supprimé pour autant et est bien actif à notre insu. Accueillir ce qui a été mal vécu ainsi que nos émotions étouffées est essentiel pour traiter en adulte ces informations qui impactent encore nos vies aujourd’hui.

Est-ce que j’attends trop de l’autre ?

Très souvent, nous attendons de l’autre qu’il nous apporte le Bonheur avec un grand B s'il vous plaît ! Nous le chargeons d’une mission bien trop lourde et en réalité impossible. Nous voulons aussi parfois être tout pour l’autre. Nous rêvons d’une fusion qui jamais ne prendrait fin. C’est difficile de mettre une dynamique dans une fusion. Ça ne favorise pas l’échange. "Aimer c’est être présent à l’autre dans sa solitude sans vouloir la combler". L’autre devrait être regardé et accueilli comme un don merveilleux mais pas là pour nous guérir, nous remplir, nous rassurer... Aimer ne veut pas dire manger l’autre ! Si je l’aime et le respecte, alors je dois faire attention de ne rien exiger. L’amour vrai se donne librement. En réalité, si je peux bien sûr exprimer mes besoins, l’autre reste libre devant mes besoins, d’y répondre ou non, entièrement, partiellement, comme il veut.

J’ai toujours le sentiment de ne pas être pris en compte

Et les relations que je choisis me le confirment, je donne beaucoup mais je reçois peu voire pas du tout. Ne pas être pris en compte, c’est peut-être ce que la personne a vécu ou ressenti enfant et elle le recherche (inconsciemment) adulte parce que c’est du connu. C’est une manière de le revivre pour dépasser ce sentiment qui la fait souffrir. En fait, elle donne aux autres la clé du regard qu’elle porte sur elle-même. En ne s’estimant pas assez, en imaginant qu’elle ne compte pas et n’est pas très intéressante, elle va chercher des personnes qui vont lui renvoyer cette image. Soit que ces personnes n’en aient rien à faire réellement, soit que la personne projette sur les autres ce sentiment qu’elle ne les intéresse pas. Sa perception est faussée, elle interprète les faits et dires extérieurs à partir de son regard négatif sur elle-même.

Ma relation a capoté, j’ai trop voulu qu’il change, qu’il s’améliore

C’est très féminin de vouloir améliorer l’autre, de notre point de vue en plus, en pensant ce qui pourrait être bon pour lui. Pour qu’il soit encore mieux, plus à l’écoute, plus dans le lien, que le couple soit sur la même longueur d’onde… Mais dans le couple, ce qui compte c’est le chemin que fait l’autre. A notre insu, nous pouvons l’influencer ou l’inspirer mais pas le changer pour nous convenir mieux. La femme va avoir souvent l’intention de faire progresser l’autre ou lui dire ce qu’il ressent. Si sa déception est trop grande, devant peu de changement, elle doit se demander ce qu’elle a aimé au départ ? Cette personne, ou l’image idéalisée qu’elle voulait voir en l’autre ? Il faut nous demander sans vouloir changer l’autre si nous pouvons l’aimer malgré ça et sur la durée ? Il faut être attentif à nous mettre dans la réalité, à ne pas nous illusionner, avec des espoirs de "on verra plus tard, cela changera sûrement…".

Si je suis libre d’être moi-même, est-ce que je ne risque pas d’être très seul ?

Nous pouvons avoir cette peur qu’en ne correspondant plus aux attentes des autres, en ne rentrant plus dans le moule, en osant être nous-mêmes, nous allons être rejetés, moins aimés

En nous détachant de cette dépendance au regard des autres, c’est ainsi que nous pouvons enfin être aimé (ou pas d'ailleurs !) comme nous sommes, nous sentir vrai, complet. Et c’est bien notre liberté qui attire l’autre, qui permet à la relation de s’épanouir. Alors, oui nous prenons le risque de déplaire, mais nous prenons surtout le "risque" formidable de vivre des relations authentiques et enrichissantes.

A quoi je sers si je ne suis pas là pour sauver l’autre ?

Il est important de discerner pourquoi nous nous mettons dans ce rôle systématiquement, vouloir sauver l’autre : le gars triste qui en a bien bavé dans sa vie, la femme qui tombe toujours sur des machos violents… "je vais changer ça, avec moi sa vie sera enfin belle, je vais le ou la convaincre qu’il ou elle a besoin de moi pour vivre". Non ! L’autre n’a pas besoin de nous pour vivre, nous ne sommes ni sa mère ni son père, il n’est plus un jeune enfant… et cela peut nous faire mal de l’entendre, surtout si être sauveur est un rôle qui nous mettait en valeur, qui donnait un sens à notre existence. Il est important de travailler ce syndrome du sauveur pour nous-même et pour l’autre, pour nous libérer et entrer dans des relations plus saines et plus matures.


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