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Psychothérapies pour adultes, adolescents et enfants

La tristesse, l'accueillir et quoi en faire ?

Psychologie positive
la marche use la tristesse

Je randonnais en montagne il y a quelques temps et le guide évoquait régulièrement l’importance de la marche dans notre vie. Il citait à ce propos David Le Breton, anthropologue et sociologue français, qui considère que la marche use la tristesse. Je trouvais cette image très forte et extrêmement intéressante. C’est-à-dire qu’elle modifie la tristesse progressivement en altérant son aspect. Mais de quoi parle-t-on quand on évoque la tristesse ? Elle est une émotion primaire nécessaire à exprimer, mais s’y installer peut entraîner un état pathologique toxique.

Une émotion nécessaire

La tristesse est définie comme un état affectif pénible et durable, l’envahissement de la conscience par une douleur morale qui empêche de se réjouir du reste. Elle fait partie des quatre émotions primaires que sont la peur, la colère, la joie et la tristesse. Exprimée quand nécessaire, elle permet de cicatriser, d’entrer dans un processus de deuil et dans le renoncement nécessaire et d’aller vers l’acceptation. En revanche, aux extrêmes, la personne qui ne ressent ni n’exprime aucune tristesse vivra dans une froideur et un détachement démesuré ; celle qui vit une mélancolie, c’est-à-dire une tristesse extrêmement profonde et continue dont elle ne sort pas, va s’y enliser. En thérapie, la personne est invitée à exprimer sa tristesse, à la ressentir, à l’accueillir, pour pouvoir en faire quelque chose. Elle permet de panser les blessures, de cicatriser.

Fuir la lamentation

Anselm Grün, moine et thérapeute allemand, auteur de nombreux livres conjuguant psychologie et spiritualité, rappelle que la tristesse est inévitable, nous vivons tous des chagrins suite à des deuils, des illusions perdues… Ils participent à notre maturité. Et il cite Evagre le Pontique dans une nuance intéressante : il faut distinguer la peine ou l’affliction d’une part et la tristesse d’autre part. La première amène des larmes purificatrices. Il considère la seconde comme un apitoiement sur soi, des plaintes de subir trop de malheurs et d’être incompris, une lamentation infantile. "La tristesse vient de ce que nous exigeons trop de la vie ; puisque nos rêves ne se réalisent pas, nous réagissons par la tristesse comme un enfant vexé".

User sa tristesse toxique

Nous l'avons vu, exprimer sa tristesse est essentiel, cela fait partie du processus de deuil (pour tous les deuils de la vie), elle est nécessaire pour se libérer ; si elle dure, elle peut se transformer en dépression, en mélancolie… J’ai relevé une citation magnifique d’un poète perse du 9ème siècle, Omar Khayyam, qui dit : "l’arbre de la tristesse, ne le plante pas dans ton cœur, relis chaque matin le livre de la joie". Et pour revenir à David Le Breton, user la tristesse par la marche, c’est possible et atteignable pour chacun. Selon lui, "marcher, c’est avoir les pieds sur terre au sens physique et moral, être de pleins pieds dans son existence (…). Le mouvement inlassable des pas traduit l’impossibilité de rester en place, arraché à soi-même". Et donc de pouvoir sortir progressivement de son état de tristesse qui perdure trop longtemps parfois. Cela nous rappelle combien le physique et le moral sont liés. L'un est bénéfique sur l'autre et vice versa.

 

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Sources : David Le Breton - Anselm Grün - Omar Khayyam


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