PSYCHOPRATICIENNE - Psychothérapie individuelle pour adultes & adolescents
Membre adhérente du Syndicat National des Praticiens en Psychothérapie relationnelle et psychanalyse

L'hypersensibilité, fragilité ou qualité ?


Hypersensibilité

C’est la journée de l’hypersensibilité. Une belle occasion de partager avec vous sur cette thématique passionnante qui concerne beaucoup de personnes, qui voient généralement cette qualité de manière trop négative. Tout est question de force de ressenti, les hypersensibles vivent les événements, les sensations… de manière plus intense que la moyenne, et c’est parfois perçu comme excessif voire extrême par l’entourage qui ne comprend pas ces yoyos émotionnels, ces personnes trop sensibles, fragiles, cyclothymiques, à fleur de peau...

Comment fonctionnent les hypersensibles ?

Elles ont comme des capteurs toujours en veille et réagissent ou sur-réagissent à leurs mouvements internes et aux stimulations extérieures : atmosphères d’un lieu, odeurs même très peu perceptibles, lumière, sons, froid ou chaud… En très peu de temps, elles prennent intuitivement la température de l’ambiance, elles sont comme une éponge, perçoivent et absorbent les états d’âme des personnes qu’elles croisent, vivent les émotions avec les autres comme si elles se mettaient au diapason, généralement sans prise de distance : tristesse au contact d’une personne malheureuse, inquiétude face à quelqu'un de stressé, colère qui monte face à une personne qui a du mal à se contrôler ou qui explose, révolte face à des situations injustes même quand cela concerne des gens à l’autre bout du monde.

Elles captent ce que d’autres ne conscientisent pas forcément. Dans l’échange, tout est décortiqué, pourquoi tel mot, le ton, le non-verbal, l’intentionnalité qu’elles pressentent intuitivement, à tel point que pour qu’une relation soit possible et épanouissante, elles ont besoin d’une certaine transparence chez l’autre, elles ne supportent pas bien qu’on ne leur dise pas la vérité et ne sont pas à l’aise avec les personnes trop superficielles. Il est important pour elles que l’autre soit franc et puisse partager sincèrement ses propres ressentis. Nous sommes tous sensibles à des degrés divers mais tous capables de ressentir nos émotions, nos sensations si nous ne décidons pas de les refouler pour se protéger par exemple. En contrepartie, elles peuvent être perçues comme instables, immatures, sans self-control ni filtre, hystériques, parce que ce qui effleure les uns peut dévaster les autres.

Que faire de cette hypersensibilité ?

Elle fait partie des traits de personnalité, inutile donc de vouloir en changer, se blinder faussement, se renfermer sur soi pour ne plus absorber le monde extérieur et se rendre moins sensible. Si l’on regarde ce trait du bon côté, il est extrêmement bénéfique pour soi et pour autrui : capter ce qui émane de l’entourage facilite l’empathie, permet de mieux comprendre ce qui se passe chez l’autre et d’être plus bienveillant et moins juger. On a tendance à juger ce que l’on ne connaît ou comprend pas avec nos propres filtres. Les personnes hypersensibles sont altruistes, et si elles ne se laissent pas engloutir par les émotions des autres, elles peuvent être une oreille attentive, un soutien, un moteur de vie pour aider l’autre à mieux se connaître, à être plus authentique.

Ce qui peut être difficile c’est le décalage et une incompréhension avec ceux qui, ne comprenant pas du tout ce qu’il se passe pour l’hypersensible, ont tendance à minimiser son vécu, du type : "mais non tu te fais des idées, t’es complètement à côté de la plaque, mais d’où tu sors cette réflexion, tu sur-réagis trop, fais comme si ça n’existait pas, passe à autre chose"… Pas si simple !

La personne hypersensible est authentique malgré elle, elle a du mal à cacher ses sentiments, ses émotions, sauf si elle est très introvertie. Cela peut être rude et déroutant pour l’interlocuteur, tant de vérité, de transparence, de hauts et de bas… mais en s’acceptant et en se sentant acceptée comme telle, la personne hypersensible arrivera à mieux canaliser cette sensibilité et cette machine à rumination intellectuelle et à s’en servir pour elle-même et pour les autres.

Ça donnerait quoi dans la tête d’un/e hypersensible ?

"Oh la, je ne le connais pas bien encore mais je ne le sens pas du tout, le ton de sa voix sonne faux, il n’a pas l’air très sincère, il dit çà comme ça mais je ne pense pas que ce soit ce qu’il pense vraiment"

"Tiens pourquoi elle utilise ce mot ? Ça me touche, ça me fait mal, elle n’a pas capté ce que je lui ai dit, ma détresse, elle ne me comprend pas du tout"

"Cette personne est trop superficielle, elle ne va pas beaucoup en profondeur, on n’arrivera pas à se rejoindre intimement"

"Ce bruit dans cette soirée, je n’arrive pas à me concentrer sur la discussion, il y a trop de lumière forte, trop de brouhaha, j’ai envie de me boucher les oreilles, fermer les yeux et me barrer. Et tous ces gens qui font semblant, de quoi parlent-ils, çà ne vole pas très haut"

"Ce coucher de soleil est sublime, cela fait monter en moi une émotion forte, j’ai envie de laisser éclater ma joie de vivre ce moment présent, ça me rappelle cet instant, où il s’est passé ça, j’ai ressenti ça dans mon corps, tous mes sens étaient en éveil"

"J’ai regardé ce reportage, c’était plus fort que moi, j’ai pleuré comme une madeleine, ça a du faire écho à autre chose"

"Je pense trop et ça m’épuise. En même temps j’ai un profond désir de connaissance, de vérité, de transparence sur moi. Rien ne m’arrête"

"Je peux passer du rire aux larmes, en un claquement de doigts, pour peu que ce qui me fasse rire se reconnecte avec un événement plus douloureux et ce sont les montagnes russes"

"Je n’arrive pas à me calmer, je ressens un vide profond, personne ne peut comprendre où je suis"

Ça mouline en permanence dans la tête et dans le coeur, tel un hamster dans sa roue, tout est en éveil, le moindre détail est perçu, analysé, ressenti, c’est, il faut le dire épuisant, cette attention extrême. Mais c’est aussi ce qui rend incroyablement vivant cette sensibilité ; vivre le beau, le bon, sentir, ressentir, laisser venir les émotions, être au contact de son moi profond... Passer d’une joie intense à un sentiment désespéré n’est pas forcément un trouble bipolaire ! L’hypersensibilité est un atout merveilleux si elle est suffisamment canalisée et tournée aussi vers les autres.


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