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Mes voeux pour 2022

30 Déc 2021 Constance Latourrette Psychologie positive

Voeux 2022 - Constance Latourrette

Je suis restée quelques longues minutes devant ma page blanche, avec le petit tiret vertical qui clignote et la pensée qui s'évade… méditant sur ce que je souhaitais dire en cette fin d’année si éprouvante, aux personnes que j’accompagne et à celles qui me suivent au fil de mes articles. Sachant qu’il est parfois bien difficile de se recentrer sur le positif quand tout autour de nous n’est que Covid, stress, méfiance, fatigue, énervement, colère, rage, solitude, épuisement, désespoir aussi… Alors, que pourrions-nous nous souhaiter, toujours dans cette quête d’évolution et d’apaisement intérieur ?

Retour à notre capacité d’émerveillement

C’est bête mais c’est vrai, savoir s’émerveiller de choses simples… vaste programme si l’on se dit que l’enfance est déjà loin et que l’on n’a plus le mode d’emploi. C’est sûr, mais notre enfant intérieur, lui, est toujours bien présent en nous. Vous avez remarqué combien, lorsque vous interagissez avec un enfant, vous vous intéressez à la manière dont il s’exprime, dont il fait les choses avec instinct, simplicité, dans le moment présent, vous finissez par vous caler sur son mode de fonctionnement ; alors vous riez plus fort, vous rentrez dans le jeu, vous applaudissez, vous retrouvez de l’énergie, vous vous concentrez sur l’activité, vous admirez ce qu’ensemble vous avez réalisé…

Lorsque vous vous laissez aller à pleurer sur une musique qui vous submerge, restez béat devant un paysage magnifique, préparez des surprises même aux adultes, prenez un bon fou-rire, il faut repérer tout cela, le savourer, l’intégrer et s’en souvenir. Notre quotidien nous paraît parfois ennuyeux et routinier, et c’est là précisément qu’il faut être attentifs aux petites choses, aux événements qui nous apportent de la joie, un sourire, un contentement, un partage…

Nous sommes pris dans le piège d’une société de consommation, qui nous sur-sollicite avec ce qui nous manque, toujours, ce que l’autre a mais nous, pas, qui nous créé des faux besoins et désirs éphémères qui tôt ou tard reviendront, qui tente de nous prouver combien nous devons posséder et consommer pour être heureux. Qu’est-ce que cela nous pollue, nous épuise, voire nous déprime.

Se rencontrer soi-même

C’est le travail que l’on fait en psychothérapie, mais cela mériterait que chacun le fasse, même sans accompagnement, pour parvenir à être qui l’on est et ne pas vouloir être un autre. Ce n’est pas un trop plein de narcissisme que de s’écouter, s’observer, c’est apprendre à se connaître et s’accepter parce que l’on ne changera ni de personnalité, ni de caractère. Il ne s’agit pas de refuser ni refouler son passé, mais de l’intégrer pour pouvoir faire la paix avec ce qui nous a blessé et ne pas rester dans les ruminations, les regrets, les remords, les culpabilités… l’idée c’est comme disait Maître Eckart : "Observes-toi toi-même et chaque fois que tu te trouves, laisse-toi, c’est ce qu’il y a de mieux".

Avant de pouvoir se détourner de soi (et donc mieux se tourner vers l’autre en tant que sujet, et non objet de mes désirs et besoins, ou objet utilitaire), il y a une première étape d’observation de soi nécessaire, sinon on risque de se construire sur des choses tordues. Puis se laisser être tel que l’on est, sans mépris ou fascination pour soi.

Accepter de ne pas tout contrôler

Ce sont les notions de lâcher-prise ou encore d’abandon, si compliquées à appliquer, parce que s’accrocher à ce que l’on a, ce que l’on est, à notre vécu, nos réflexes, nos croyances, nos possessions, nous rassure même si cela n’est pas si bon pour nous. C'est retrouver une certaine confiance en la vie, ne pas essayer de contrôler notre avenir incertain et se rappeler la phrase de la Bible : "A chaque jour suffit sa peine". 

L’épidémie de Covid nous l’a prouvé, nous sommes en roue libre, nous ne maîtrisons rien ou très peu, c’est bien ce qui nous est demandé de vivre en acceptant de ne pas tout maîtriser. C’est lâcher notre ego, qui veut toujours décider, agir, obtenir, qui exige pour son bien-être. Je parle de tendre à l’acceptation de ce qui est et que nous ne pouvons pas changer. Ce n’est pas non plus du dépit ou de la résignation. Mais une action volontaire d’accepter ce qui se présente sans trop lutter contre et de continuer d’avancer malgré tout.

Alors, je vous souhaite une belle nouvelle année qui sera celle que vous construirez.


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