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Quand la naissance déstabilise la femme et son couple

02 Juin 2022 Constance Latourrette Parentalité

Naissance-parentalité-couple

A la naissance d’un enfant, et particulièrement le premier, tout se bouscule, pour la femme, pour l’homme, pour le couple, et certaines femmes viennent en consultation parce que malgré le bonheur d’accueillir leur enfant, elles se sentent mal, pas autant heureuses qu’elles seraient censées l’être, voire complètement submergées émotionnellement et remplies de culpabilité. Le couple est mis à mal, l’équilibre n’est plus, des conflits surgissent au sujet du bébé et de la manière de s’en occuper… c’est une période complexe et fragilisante pour chacun, et spécialement pour la femme qui a souvent du mal à trouver sa manière bien à elle d’être en même temps mère et femme.

Quand la femme devient maman et se compare aux autres mères et à la sienne

La première chose que m'avouent le plus souvent ces femmes c’est : "je sais que je ne suis pas censée être malheureuse, parce que je viens de mettre au monde le bébé que j’attendais… mais ça ne va pas du tout".

Il s’agit de la difficulté, une fois le bébé arrivé, de tout mener de front, de recevoir des commentaires pas toujours constructifs ni délicats sur leurs façons de faire, de savoir quand, raisonnablement, reprendre le travail ("pas trop tôt sinon je vais culpabiliser de le laisser si petit, et en même temps je n’en peux plus de faire ça tous les jours depuis sa naissance, je veux reprendre mon activité mais ça me semble égoïste"), de retrouver son image de femme désirable et disponible pour son partenaire…

L’image véhiculée par la société et les médias, c’est de tout réussir à conjuguer, le plus tôt et le mieux possible, parce que les autres y arrivent très bien, alors pourquoi pas moi ? Ce qui revient souvent est l’angoisse de ne pas être à la hauteur. La jeune maman ressent une pression plus ou moins forte à faire au moins aussi bien que sa propre mère, ou sa belle-mère, qui, bien souvent, involontairement, viendront appuyer sur ce qu’elle ne fait pas comme il faut ou différemment d’elles, plutôt que d’attendre les questions et de donner quelques conseils sans imposer leur manière de faire. Les jeunes mères ont peur du jugement par rapport à leur manière de s’occuper du bébé. Une patiente me racontait qu’elle redoutait que son enfant ne pleure en présence de ses grands-parents, parce que cela voudrait dire qu’elle ne sait pas éduquer correctement son enfant. La femme peut ressentir aussi la peur de ne pas savoir répondre aux besoins du bébé, de ne pas le comprendre et donc d’être une mauvaise mère. Elle peut même imaginer le regard de son bébé sur elle, qu’il sente qu’elle fait mal.

Désir de retrouver sa vie d’avant, lié à une certaine culpabilité

La jeune maman souhaite revenir au plus vite à sa vie antérieure et craint de ne plus retrouver son corps d’avant. Celui de la femme libre, sportive, svelte qu'elle était... Mais quand l’accouchement a été compliqué, quand le corps a été traumatisé par les manipulations, les épisiotomies, une césarienne de dernière minute… elle porte ce stigmate en elle et il lui faut du temps pour se réconcilier avec son corps, retrouver ses sensations, se re-sentir belle et désirable aux yeux de son partenaire. Elle peut le rejeter parce qu’elle ne veut pas voir son regard sur ce corps qu’elle ne reconnaît pas ou n’aime plus, et se rejeter elle-même en n’osant plus se regarder.

Souvent, au retour de la maternité, ces questions fusent : Qu’est-ce que l’on va en faire ? Qu’est-ce que l’on a fait ? Il y a ce sentiment de responsabilité extrêmement fort qui peut paralyser les nouveaux parents, appuyé par la dépendance absolue du bébé, comme un fil à la patte empêchant de faire ce que l’on a envie de faire, nous privant désormais de notre liberté. Il n’y a plus cette insouciance du passé, maintenant il faut être responsable d’un être qui ne peut rien sans nous.

La jeune mère peut refuser d’allaiter pour beaucoup de raisons personnelles, en particulier pour ne pas être la seule à devoir gérer de nourrir l’enfant et d’être plus libre quant aux besoins du bébé et la reprise de ses activités. Mais cela n’empêche pas souvent une culpabilité de ne pas le faire, de se ressentir mauvaise mère parce que l’on n’a pas donné au bébé toutes les défenses immunitaires qu’il aurait pu recevoir, qu’on va le priver de ces moments spéciaux mère-enfant…

La mère veut généralement se transformer en superwoman, qui assure en même temps dans tous les domaines de vie : reprendre son travail et récupérer le temps perdu ou son poste pendant le congé maternité, tout en étant une mère parfaite, totalement disponible pour son enfant, retrouver sa ligne et faire du sport et en même temps continuer de sortir avec ses amis, ne pas se couper de la vie sociale, reprendre des activités personnelles pour garder un temps pour soi… en fait la mission est impossible, la jeune maman se désespère de ne pas y arriver et culpabilise de ne pas assez s’occuper de son bébé ; le regrettera-t-elle plus tard ? c’est ce qu’elle se demande.   

Quand la naissance de l’enfant déstabilise le couple

Le couple n’est plus comme avant, surtout s’il était fusionnel, et il faut en quelque sorte faire le deuil de cette symbiose, naturellement bouleversée par un "troisième élément" qui attire toutes les attentions. Cette perte de fusion peut paraître très difficile et même dangereuse pour la stabilité émotionnelle des partenaires qui ne se reconnaissent plus vraiment, qui ont l’impression de découvrir l’autre différemment et jusqu’à s’éloigner l’un de l’autre. Ce déséquilibre inévitable pour le couple peut amener à se questionner sur les raisons pour lesquelles ils ont décidé de vivre ensemble et à montrer l’influence de l’éducation de chacun qui impacte la manière dont ils vont s’occuper du bébé. Chacun est ramené comme un écho à son enfance avec ses souffrances, ses manques, et la volonté souvent inconsciente de reproduire l’éducation reçue (même si celle-ci a été rejetée ou critiquée) pour ne pas décevoir les grands-parents du bébé. La mère peut ressentir un amour plus fort pour l’enfant et se sentir coupable vis-à-vis de son partenaire. L’homme peut reprocher que sa femme a moins d’attentions pour lui, qu’il est en train de la perdre…  

Maintenant que le triangle père – mère – enfant est là, chacun doit veiller à rester à sa place. L’homme doit retrouver sa femme et ne pas voir en elle que la mère, la femme doit retrouver son homme et ne pas voir en lui que le père, la mère doit laisser à l’homme la possibilité de s’installer dans sa paternité (et le laisser faire, à sa manière, sans lui reprocher de ne pas s’en occuper comme il faut), le père doit également laisser la femme être mère. Femme et homme doivent retrouver leur rôle pour que le couple puisse continuer de grandir et se fortifier.

L’arrivée d’un enfant, qui plus est le premier, est un séisme émotionnel et il est parfois nécessaire de consulter pour faire le point, parler de ses difficultés, ses doutes, ses peurs, faire si besoin le lien avec notre passé pour nous en libérer et entrer pleinement dans la parentalité tout en prenant soin du couple.


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